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Retour sur la matinale du 26 juin dédiée à la désinformation

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26/06/2026

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Vendredi dernier, plus de 150 professionnels de la communication se sont réunis à l'EFAP Paris pour notre première matinale dédiée à la désinformation. Une matinée dense, riche en échanges et en prises de conscience, qui a confirmé une évidence : la désinformation n'est plus un sujet périphérique. C'est une menace centrale, économique, stratégique et culturelle, et qui concerne directement les communicants.

Journaliste d'investigation et spécialiste des fake news, Thomas Huchon a ouvert la matinale en nous plongeant au cœur des mécanismes de la désinformation. Son constat de départ est sans appel : 89% des Français obtiennent moins de 10/20 à un quiz de base pour distinguer le vrai du faux, et à peine 1% dépassent 15/20. Pire encore, seulement 3% des Français savent repérer un visage généré par IA , alors même que TikTok concentre à lui seul 25% des fake news en circulation, avec 34 millions de vues de désinformation générée par IA, dont 83% sans aucun label d'avertissement.

Au-delà des chiffres, Thomas Huchon a mis en lumière les ressorts psychologiques qui nous rendent vulnérables : biais de confirmation, bulles de filtre, réflexes face aux titres chocs,  autant de mécanismes que les producteurs de fake news exploitent avec une efficacité redoutable

Mathilde Richard et Bruno Courtois de Sopra Steria ont ensuite mis des chiffres sur ce que beaucoup pressentaient sans pouvoir le quantifier. Leur étude inédite sur l'impact économique mondial de la désinformation est sans appel : 417 milliards de dollars de coûts en 2024, soit environ 15% du PIB français. Faux avis (227 Md), manipulations de marchés (60 Md deepfakes en hausse de +32% par an... la désinformation pèse sur les résultats des organisations comme jamais. Et le déséquilibre est vertigineux : seulement 100 millions de dollars sont alloués dans le monde aux initiatives de fact-checking, quand 2,6 milliards de recettes publicitaires financent chaque année les sites qui la propagent. Leur conclusion : il ne suffit plus de se défendre, il faut construire une véritable résilience informationnelle.

C'est précisément ce que fait l'AFP au quotidien. Grégoire Lemarchand, directeur adjoint de l'information, nous a montré comment ses équipes, plus de 130 fact-checkers, 26 langues, 19 fact-checks par jour, s'adaptent en permanence à une menace qui évolue à toute vitesse. En 2025, 16% des fact-checks de l'AFP concernaient déjà des contenus générés par IA. Sur la guerre en Iran, plus de 820 fact-checks ont été réalisés en 4 mois, dont 25% de faux générés par intelligence artificielle. Et contrairement aux idées reçues, ce travail produit des effets concrets : une étude Sciences Po menée sur 18 mois démontre un impact durable et mesurable sur les comportements du public.

Pour clore la matinale, Olivia Penichou, Déléguée à l'information et à la communication de la Défense (DICoD), nous a livré un témoignage d'une toute autre dimension. À travers des exemples concrets, à l'instar de la diffusion d'un faux site gouvernemental invitant à "s'engager en Ukraine" pour recruter de faux combattants, elle a décrit comment le Ministère des Armées structure sa veille, ses processus d'alerte et ses opérations de démenti face à des attaques informationnelles de plus en plus sophistiquées. Son message résonne bien au-delà du cadre militaire : face à l'accélération de la désinformation, toutes les organisations doivent inscrire durablement la vigilance informationnelle dans leurs réflexes quotidiens.


Nos prochains rendez-vous autour de la désinformation :

  • 21 juillet : Scène ouverte : Rencontre avec Étienne Klein — Peut-on encore croire en la vérité ?
  • 10 septembre :  Afterwork spécial désinformation
  • 30 septembre :  Formation : Comprendre la désinformation complotiste avec Rudy Reichstadt
  • 1er octobre : Scène ouverte : Désinformation, mésinformation, surinformation - Les nouveaux langages sur la santé
  • 11 décembre : 2ème édition de la Matinale Désinformation 

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